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Notre sélection de scénarios :

                 
 

 pieces of peace

BREATH OF LIFE :: THE EMERALD CITY :: Belltown. :: Central Public Library.
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le membre son message
01.09.16 16:56

Caleb Marshall Axelle Birdwhistle
Piece of peace
Statut + Privé.
   Lieu + Central public library
   Date + Fin août
   Moment + Après-midi
   Météo + Pluvieux
   Prévention -18 + Non
   Intervention du PNJ + Non
Breath of Life + Tous droits réservés.
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01.09.16 16:58

Caleb & Axelle
see many bullets coming through ♪♫


Il n’y avait plus que les mots pour la perdre, pour l’emmener dans un autre monde, lui faire découvrir de nouvelles choses. La faire rire, sourire, voilà quel était devenu le but de ses lectures hasardeuses, se perdant au fil des pages, des chapitres, des histoires. Elle avait l’impression de vivre par procuration en agissant de cette manière, mais quoi, avait-elle vraiment d’autres choix ? Quand elle se trouvait devant les mots dansant sur les pages d’un livre, toutes ses ardeurs se retrouvaient calmées, ses angoisses reléguées au second plan. Happée, emportée entre les bras du roman, elle se laissait voguer sur les sentiments d’un autre, beaucoup plus agréable à supporter, à gérer. Le héros s’en sort toujours, de toute manière, ne pouvait-elle s’empêcher de rabâcher lorsqu’elle craignait trop pour lui – mais elle, était-elle une héroïne ? Est-ce que tout finirait par s’arranger pour elle ? Devant l’ampleur de la tâche, elle ne pouvait plus être aussi certaine de la réponse. Aujourd’hui, elle s’effaçait au cœur des contes de Grimm, dans une magnifique réédition d’une maison qu’elle appréciait tout particulièrement. Les lettres scintillantes luisaient sur les pages légèrement plastifiées – et les contes morbides lui ouvraient les bras, lui rappelant combien les romans young adults pouvaient être ridicules par rapport à la réalité. Un groupe inconnu chantait une chanson inconnue au creux de ses oreilles, perchée dans ses écouteurs. Depuis qu’elle était revenue à Seattle, elle essayait au maximum de ne pas acheter de livres. Mission très compliquée au demeurant, car elle s’était toujours attachée au livre matériel, peut-être même plus qu’à ce qu’il pouvait délivrer intellectuellement. Sauf qu’elle n’était même pas certaine de rester dans cette ville un moment et elle s’imaginait mal se trimballer des kilos de livres s’il arrivait qu’elle doive changer de lieu. Car elle n’avait pas choisi Seattle pour rien. Voilà un mois qu’elle était arrivée et qu’elle se demandait  si elle avait fait le bon choix. Si elle avait pris la bonne décision. Elle n’avait même pas encore cherché à le recontacter, ou même à le chercher réellement. Elle repoussait toujours ça au lendemain – comme si ça allait être plus facile vingt-quatre heures plus tard… Et les jours s’égrenaient. Tout comme lorsqu’elle s’était enfuie – oui, mettons les mots justes –, le temps semblait se jouer d’elle, filant entre ses doigts. Il lui avait fallu trouver un appartement, un emploi, trouver ses marques et ses repères… Mais depuis, elle n’avait pas plus avancé. Elle avait peur de ce qu’elle allait trouver à la fin de la route. Peur d’enfin assumer les conséquences de ses actes. Parce que si ses parents s’étaient montrés plus que cléments – voire même rassurés de la voir en vie, en bonne santé – elle n’était pas certaine de sa réaction. Elle le connaissait bien, pourtant, voilà que cette vision de l’avenir lui échappait, s’évanouissait dès qu’elle essayait de poser son regard dessus. Alors elle s’enfonçait dans ses lectures, cherchant à repousser la réalité au maximum.

Jusqu’à ce qu’elle lui retombe dessus, brutalement. Elle relevait la tête, se remettant d’un coup de théâtre perpétré dans son bouquin, lorsque son regard s’égara un instant… glissa… encore un peu… Il passa une première fois sans le voir, balayant la bibliothèque. Axe se réjouissait du bruit qui résonnait dans son crâne, de la musique extrêmement forte qui jouait, tandis que la bibliothèque était sous l’emprise du silence. Silence. Silence. Chevelure brune, veste sombre. Regard ravageur mangeant un livre. Le cœur qui manque un battement, le souffle qui ricoche difficilement. Oh merde. Elle ne le cherchait même pas qu’elle l’avait retrouvé… Comment était-ce possible ? Elle ne pouvait pas aller le voir comme ça. Se levant lentement, dans l’espoir de ne pas attirer les regards, elle attrapa le livre qu’elle feuilletait distraitement, tourna les talons et s’adossa contre une étagère qui ne lui permettait pas d’être dans son champ de vision. C’était le destin, non ? De tomber sur lui, de cette manière ? Elle avait mal de vouloir le regarder. Elle était partie mais n’avait pas cessé de l’aimer – comment aurait-elle pu, de toute manière ? Accrochée, agrippée comme une moule à son rocher, il avait été son espoir, son épiphanie. Elle pouvait s’attacher. Elle pouvait faire confiance. Elle pouvait aimer pour de vrai, pas comme quand on ment. Sauf que le temps s’était écoulé.
Axe dégaina son téléphone portable, éteignit sa musique, essaya de se calmer et sortir de la grande pièce, entrant dans le hall où l’air frais lui fit du bien, et où la discussion était autorisée. S’éloignant des grandes portes, elle alla s’asseoir sur les grandes banquettes mises à la disposition des lecteurs, derrière une autre étagère qui comprenait les livres à rendre. Dans son portable, elle navigua pour atteindre la liste des contacts. Son pouce resta un instant en suspension alors que Caleb était dans ses derniers contacts – il l’appelait. Il l’appelait et elle ne répondait pas. La jeune femme n’avait pas le courage d’aller le voir de cette manière. Peut-être qu’un premier contact… Peut-être qu’un appel pourrait la convaincre… Et il sortirait de la pièce pour lui répondre… Elle le verrait, n’est-ce pas… S’il répondait.
S’il répondait.
Axe appuya sur appeler.
Et attendit, tournoyant au cœur de la sonnerie retentissante.
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02.09.16 2:22


Axelle & Caleb
 
Pieces of peace


Encore une fois, je passe mon temps à la bibliothèque. Cela peut sembler étrange en sachant que je bosse dans une boutique de comics la journée mais la lecture, c'est une passion comme une autre pour moi. Moins que le dessin, évidemment, mais j'adore lire sur n'importe quel sujet et en apprendre un peu plus. On peut donc dire que j'ai soif de culture, entre autre même si je ne suis pas certain d'être beaucoup cultivé... C'est pour cette raison qu'en cette fin du mois d'août, je suis dans la grande bibliothèque de la ville, soit le nez dans le bouquin, soit à la recherche d'un autre dans les rayons. L'été, cet endroit est presque tout le monde vide mais cela n'a rien de surprenant : les étudiants n'ont certainement pas envie de s'enfermer ici alors qu'ils vont y passer le plus clair de leur temps pendant l'année scolaire pour réviser. Enfin quand j'étais encore en droit, c'était ce que je faisais. Lire me permet de m'évader, de tout oublier le temps de quelques instants et croyez-moi, c'est tout ce dont j'ai besoin depuis tout ce temps. Depuis le départ d'Axelle, en fait. Mais ce n'est pas le moment de la laisser prendre possession de mes pensées comme à chaque fois qu'un seul détail me fait penser à elle... C'est pathétique ; je fais croire à ma sœur que je suis enfin en train de passer à autre chose mais ce n'est pas du tout le cas. Il faudrait pourtant que je m'en remette, que je vois d'autres personnes, que je ne reste pas bloqué dans le passé mais... c'est plus facile à dire qu'à faire. En fait, je pense réussir peu à peu à tourner la page. Mais pas l'oublier, c'est tout simplement impossible. Peu importe ce que certains puissent essayer de nous faire croire, il est impossible d'oublier définitivement une personne qui a eu beaucoup d'importance dans notre vie. Surtout pas celle qu'on a aimé comme un dingue durant toutes ces années jusqu'à supporter la voir avec d'autres sans rien dire. Elle n'était pas uniquement la fille que j'ai aimé, mais aussi ma meilleure amie. Et rien ne me  fait plus mal que de devoir tirer un trait sur elle. Sans même que je le remarque, mes sourcils se froncent à mes pensées et je secoue légèrement la tête comme pour les chasser, tournant de nouveau mon attention sur le livre que j'ai actuellement entre les mains.

Concentration, Caleb, concentration.

Et alors que mes yeux glissent le long des lignes, j'entends mon portable vibrer dans ma poche. Tiens, c'est rare quand on m'appelle car quiconque me connaissant sait que je ne réponds presque jamais sauf rares exceptions. C'est ma sœur, sûrement. Je le sors à peine de ma poche pour simplement voir le nom qui s'affiche sur mon écran et je sens mon corps entier se figer lorsque je lis celui d'Axelle. Je refuse d'être naïf, de croire que c'est elle... C'est tout simplement inimaginable à mes yeux. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ? Mes doigts se crispent contre le portable et je sais que je dois me dépêcher si je souhaite entendre – peut-être – sa voix. Mais est-ce que je le veux vraiment ? Est-ce que je veux faire un bond dans le passé en sachant ce qui peut arriver ? Son départ m'a détruit, je ne peux pas le cacher. A toute vitesse, des dizaines de scénarios différents passent dans ma tête et comme à chaque fois que mon ex petite-amie est concernée depuis sa disparition, je n'arrive pas à être positif. Le portable continue de vibrer dans ma main tandis que je tente de trouver une solution... ou tout simplement de lutter. C'est peut-être ma seule chance de lui parler à nouveau, d'avoir des explications alors je me décide enfin. Me levant de la chaise où je suis assis, je sors en vitesse de la salle principale, mon portable en main mais une fois dans le hall, il ne vibre plus. Sur l'écran, il est affiché un appel manqué d'Axelle et je ferme les yeux durant quelques secondes avant de soupirer. Peut-être que c'est mieux ainsi, n'est-ce pas ? Ouais, c'est sûrement mieux comme ça. « Abruti. »  dis-je dans un murmure pour moi-même et pas une seule seconde me vient le courage de la rappeler. Parce qu'au final, il y a peu de chances que cela soit vraiment elle. Elle est partie, je dois me faire à l'idée. Je n'ai plus envie de retourner à la bibliothèque à présent... En fait, j'ai juste besoin d'air. Alors je me dirige vers la sortie, toujours mon portable en main comme si cela va servir à quelque chose, et si je n'avais pas eu la curiosité de tourner mon regard près des banquettes à disposition pour les bavards qui se trouvent derrière une étagère, sûrement que je ne l'aurais pas vu, que je l'aurais raté. Encore une fois. Mon cœur rate un battement ; j'ai même l'impression qu'il s'arrête durant une demi-seconde. Et seul son prénom réussit à passer la barrière de mes lèvres :  « Axelle ? ».
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03.09.16 14:20

Caleb & Axelle
see many bullets coming through ♪♫


La sonnerie retentit. Retentit. Un long moment. Dans le vide. Chacune d’entre elle fait bouillir son cœur, fait taper le sang dans ses veines furieusement. Décroche. C’était idiot de se raccrocher à ça, alors qu’il était dans la pièce d’à-côté. Il lui suffisait de franchir les quelques mètres qui les séparaient. Toujours, la distance de la technologie, du vide intersidéral qui résonnait entre deux téléphones. L’envoie de données, métaphore d’une transmission de pensées qui n’existait pas encore. L’intangibilité de la conversation, de la chose, comme si Caleb n’était pas là, près d’elle. Il n’y avait que la voix à contrôler, à mesure, que les mots auxquels réfléchir. Quand on se voyait… Elle menaçait de s’effondrer, ses genoux ne pourraient pas la supporter, elle le savait. La banquette lui rappelait le cocon protecteur, rassurant, de celui que l’on essaye de se forger quand on se cacher dans notre lit. Et alors que les sonneries s’effacent dans le vide, les unes après les autres, Axelle le sait. Il ne va pas répondre. Il ne va pas lui répondre. Peut-être qu’il ne regarde pas son portable. Peut-être qu’il est en silencieux et qu’il n’a pas le vibreur. Pourquoi se poser autant de question alors qu’il lui suffirait simplement d’aller voir ? Lâcheté. Elle l’avait toujours été, remarque. Elle était partie sans demander son reste, comme une voleuse, enterrant son cœur bien soigneusement, tirant un trait sur cette bravoure qu’elle aurait tant voulu cultiver. Sauf que voilà : maintenant qu’elle en avait besoin, elle était incapable de retrouver où elle l’avait enterré. Où elle l’avait caché. Battait-il toujours dans son carcan de métal ? Trop douloureusement pour qu’il soit mort. Mais le silence. Il fourra ses doigts dans ses entrailles – voilà ce que Caleb avait ressenti à chaque appel. Priant un instant pour qu’elle décroche, jusqu’à ce que les notes s’éparpillent, dispersées. Il n’y avait ensuite plus que la résignation : elle ne répondrait pas. Lui non plus. Pas aujourd’hui, en tout cas.

Elle attendit une seconde un deuxième appel, l’espoir vif et soudain qu’il s’intéressait toujours à elle, que sa carcasse avait encore de l’importance pour lui, rien qu’une seconde. La culpabilité dévorait tout, alors qu’elle faisait face à ses faits et gestes. Elle avait toujours dit qu’elle était capable d’assumer chacun de ses choix. Celui-ci, en revanche… La brune était partie car elle pensait ne pas mériter Caleb. Mais c’était en partant qu’elle signait son arrêt de mort. C’était en partant qu’elle ne méritait plus son amour, son affection, ses regards, ses pensées, ses envies. Elle ferma les yeux. « Axelle ? » La question, idiote, parce que ça ne peut être qu’elle, ça ne peut pas être un fantôme. Et la réaction l’était d’autant plus. Axe ouvrit les yeux, son cœur ratant un battement. La voix ne sortait pas du téléphone. Presque au ralenti, elle releva la tête vers Caleb, qui se tenait là. Lui aussi, avait l’arme à la main, comme un pistolet qu’elle s’attendait à ce qu’il pointe sur elle. Les mots pouvaient être plus violents que des balles. Ils pouvaient guérir les pires maux, infliger les plus terribles des blessures. Fou était celui qui les sous-estimait. Et ce mot, ce prénom, ce murmure, balayait tout. Tous ses doutes, toutes ses plaies, toutes ses blessures, comme effacées, envolées, l’espace d’un instant. Elle était ailleurs, elle était dans ses souvenirs, dans leur passé commun, quand dire son prénom n’avait aucune signification particulière – quand ce n’était ni lourd de sens, ni important. Elle avait même presque arrêté de dire son prénom, tellement ils étaient proches. Il n’y avait plus besoin d’appellation : rien que deux êtres, deux âmes, s’entremêlant et s’acharnant à ne faire qu’une.
Aujourd’hui, les noms reprenaient un sens. Ils n’étaient plus ce qu’ils avaient coutume d’être. Et cette question, cette ultime question Axelle, c’est bien toi, je ne te reconnais pas, tu étais partie, tu es là, vraiment ?, continue dans six petites lettres. Tout un monde qui s’ouvrait à leurs pieds dans un regard. Elle aurait eu envie de se jeter dans ses bras.  Ce n’était pas correct. Est-ce que c’était même correct d’être là, aujourd’hui ? Est-ce que ça avait été correct de fuir ? Non, mais les voix, les voies qui résonnaient, qui lui disaient de tout laisser tomber… Son instinct, presque, son corps, son cœur, son âme, ses pieds qui lui avaient dit de partir, loin, de faire le vide, de comprendre tout ce que cela impliquait… Elle aurait aimé être connectée à lui. Qu’il puisse lire le flot de ses pensées, qu’il s’y plonge. Tout ce qu’elle avait à dire paraissait si fade à côté de ce qu’elle avait à ressentir. Elle avait un monologue tout prêt. Avec toutes les excuses, toutes les paroles qu’elle n’avait pas pu prononcer avant de partir… Sauf que là, le vide, rien, rien qui ne lui venait, juste l’envie de le regarder. Et le pire : les pensées idiotes d’une adolescente. « Caleb… » Bien, c’était déjà un début. « Tu aurais un moment à m’accorder ? » C’était ridicule…
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06.09.16 15:04


Axelle & Caleb
 
Pieces of peace


Dés que je prononce son prénom, je me sens tout simplement... ridicule. Axelle, c'est vraiment tout ce que j'ai trouvé à lui dire ? Je me suis imaginé ce moment-là des dizaines de fois dans ma tête parce que oui, j'ai toujours gardé espoir de la revoir. Et bien évidemment, cela n'a pas du tout lieu comme prévu. En fait, je perds tout simplement mes mots et j'ai du mal à m'imaginer que je ne suis pas dans un rêve, que c'est bel et bien la réalité. Axelle est là, devant moi, après tout ce temps où j'ai tenté d'apprendre à vivre sans elle ; chose qui n'est pas facile surtout qu'on se connaît depuis tout petit. Cela aurait peut-être été plus simple si elle n'avait pas été ma meilleure amie avant d'être ma petite-amie... Mais est-ce que si j'ai l'occasion de changer le passé, je le ferai ? Non. Je ne regrette pas tous ces moments passés avec elle depuis notre tendre enfance, je ne regrette pas de l'avoir aimé, je ne regrette pas qu'elle ait totalement chamboulé ma vie. Peu importe les conséquences. Mais est-ce que je lui en veux ? Je n'en sais rien à vrai dire. A l'heure actuelle, je suis tout simplement... perdu et incapable de raisonner correctement. Combien de fois ai-je rêver de ce moment où je la reverrai enfin ? Où je pourrais de nouveau la prendre dans mes bras ? Et maintenant qu'elle est face à moi, mon corps refuse de faire un quelconque mouvement. Nous ne sommes pas dans un film à l'eau de rose où tout s'arrange en quelques minutes à peine, non. Bienvenue dans la vraie vie, où tout est beaucoup plus compliqué qu'on ne le pense.

Axelle prononce mon prénom à son tour et pour la première fois depuis bien trop de temps, j'entends sa voix. Un nœud se forme dans ma gorge et avec nervosité, je passe une main dans ma nuque. Pourquoi suis-je autant nerveux alors qu'entre nous deux, c'est elle qui est partie sans donner d'explication ? Pourquoi je n'arrive pas à lui dire que je lui en veux, que j'aurais pu comprendre son désir de partir si elle m'en avait parlé ? Pas une once de colère en moi, ni d'amertume envers elle. Simplement de la tristesse, cette impression de ne pas assez compté pour elle. Je sais qu'elle agit souvent sur un coup de tête, je l'ai déjà vu à l'oeuvre plusieurs fois après toutes ces années à ses côtés mais... cela ne suffit pas pour moi à expliquer qu'elle n'ait jamais répondu à un seul de mes appels ou de mes messages, même un simple ''Fous-moi la paix''. Oui, j'aurais préféré cela plutôt que de rester dans le silence et surtout dans mes interrogations qui m'ont rendu malade. Puis elle me demande si j'ai un moment à lui accorder. Peut-être que je ferai mieux de partir, que ce serait le mieux pour moi mais je n'arrive pas à trouver la volonté de le faire. Alors je m'assois sur le fauteuil face à elle, signifiant silencieusement que oui, j'ai un moment à lui accorder.  « Tu as l'air d'aller... bien. » dis-je tout en détournant le regard durant quelques secondes en me rendant compte d'à quel point je ne sais pas quoi lui dire, par quoi commencer. J'ajoute alors tout en lui jetant de nouveau un bref coup d'oeil :  « Enfin... Tu n'as pas changé. ». Mes mots sont d'une banalité déconcertante, comme si Axelle et moi étions juste deux amis d'enfance qui se revoient après des années à ne se parler l'un à l'autre. C'est toujours un moment gênant lorsque cela arrive et parfois, il est impossible de retrouver ce lien qui nous unissait plus tôt. Mais là, ce ne sont pas du tout les mêmes circonstances. Dés que mes yeux se sont posés sur elle, tout ce qu'on a vécu ensembles m'est revenu brutalement dans la gueule et je me suis retrouvé dans une tempête de souvenirs, de sentiments, de sensations... Et si sur le moment, cela peut paraître agréable, il suffit de revenir brutalement dans la réalité pour comprendre que tout n'est pas aussi beau que dans le passé que nous avons vécu ensembles. C'est pour cette raison que j'ajoute en vitesse : « Désolé, j'essaye vraiment de faire comme si de rien n'était mais je ne suis pas sûr de tenir longtemps de cette façon. ». Un bref sourire vient prendre place sur mon visage, mais pas un sourire joyeux, loin de là. Mainte fois, j'ai rêvé de ce moment-là où je pourrai de nouveau lui parler, enfin avoir des réponses à mes questions... Et là, j'ai tout simplement envie de partir en courant, de ne pas entendre ce qu'elle a à me dire. La vérité, c'est que j'ai peur. Peur d'être blessé de nouveau, peur aussi d'avoir blessé Axelle sans même m'en rendre compte à un moment ou un autre. Peur de ne plus pouvoir la retrouver comme avant, peur de mes propres sentiments. Mais il est hors de question de faire un retour en arrière maintenant ; je dois affronter mon passé une bonne fois pour toute. Et tant pis si je tombe une nouvelle fois, je me relèverai peu importe les difficultés. Maintenant, il ne me reste plus qu'à attendre et écouter.
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09.09.16 18:13

Caleb & Axelle
see many bullets coming through ♪♫



Pour toute réponse, Caleb s’assit sur le fauteuil en face d’elle – oui. Oui, il avait un moment, pour lui parler, pour la regarder, pour essayer d’envisager une conversation avec elle. De toute façon, elle ne s’attendait pas à autre chose. N’était-ce pas ignoble de sa part d’agir de cette manière ? Elle n’avait pas tant douté qu’il lui offrirait quelques minutes de son temps. Qu’est-ce qu’elle voulait en le retrouvant ? S’excuser ? Elle aurait pu lui écrire une lettre, elle aurait aussi pu le laisser dans le flou le plus total… Trop de choix, trop de questions, torrent qui ne cessait de vrombir dans son crâne. Elle avait eu envie de le revoir, de sentir son odeur, de se blottir dans ses bras. Tout ce qu’ils avaient partagé lui manquait terriblement – mais elle n’était pas légitime. Et elle savait que tout ça ne sortirait certainement jamais d’entre ses lèvres. Lovée au plus profond d’elle, cette envie resterait peut-être sourde et muette toute sa vie. Il paraissait que le temps guérissait les blessures – peut-être qu’il ne lui manquait que du temps pour l’oublier. « Tu as l’air d’aller… bien. » Est-ce qu’il aurait préféré qu’elle soit devenue violacée sous les coups ? Non, bien sûr que non, maudite gentillesse, celle qui le caractérisait si bien. Pourquoi ne pouvait-il pas être méchant, violent, menaçant ? Il n’aurait plus été Cal, mais il aurait au moins atténuer ce sentiment de culpabilité qu’elle ressentait… Paradoxalement, jouant toujours sur la ligne du noir et du blanc, Axe se demandait si seulement elle avait le droit de ne plus culpabiliser. Non. Pas encore. Elle lui avait fait trop de mal pour ça. Son regard se détourna, arrachant un frisson à la jeune femme ; ne détourne pas le regard… « Enfin… tu n’as pas changé. » Elle aurait eu envie de lui répondre que lui non plus, mais ce serait faux – elle pouvait le voir dans sa façon de se mouvoir, de respirer, de parler même. Elle lui avait arraché un morceau de son cœur en partant et elle venait le lui rapporter sanguinolent à ses pieds – comme un chien content de sa prouesse, elle n’attendait maintenant plus que de recevoir quelques caresses.

« Désolé, j’essaye vraiment de faire comme si de rien n’était, mais je ne suis pas sûr de tenir longtemps de cette façon. » Un sourire désabusé rongea les traits d’Axelle à cette phrase. Elle passa une main déconcertée sur son front, essayant de masquer sa gêne. Mais il la connaissait trop bien – il pouvait la sentir dans l’air, sur le bout de sa langue elle aurait pu le jurer. « Et c’est toi qui t’excuse… marmonna-t-elle, ne sachant pas non plus quoi dire, quoi faire, par où commencer. » Le sourire de rigueur, triste, lui répondit sur le visage de Caleb. « Je ne m’attendais pas à ce que tu fasses comme si de rien n’était, rassure-toi… » Bon, déjà une phrase de dite un peu plus pertinente, c’était une belle avancée n’est-ce pas ? Axelle n’avait pas réfléchi à ce qu’elle allait lui dire. En fait, elle l’avait appelé surtout pour entendre sa voix, pour se souvenir de ses inflexions, celles qui s’étaient effacées plus vite encore que les ondes à la surface d’un lac esseulé. C’était aussi pour ça qu’elle n’avait pas « réussi » à le contacter depuis qu’elle était à Seattle. Les mots semblaient trop pauvres, trop banales pour exprimer tout ce qu’elle avait sur le cœur. Et là encore, même si elle avait rédigé tout son texte… Rien n’aurait pu franchir sa bouche, comme si la vérité lui faisait trop peur, lui faisait mal. « Je… Tes parents m’ont dit que tu étais à Seattle… » Oui, déjà, c’était un bon commencement. Elle voulait se racheter (une conscience) auprès de lui. Elle ne pourrait peut-être pas retrouver la même place dans son cœur mais… Elle pourrait peut-être avancer en le revoyant. Elle avait essayé de l’oublier – sans succès. Mais tout l’amour éclatant qu’elle ressentait pour elle se retrouvait teinté de cette colère, cette tristesse et cette responsabilité qu’elle portait sur ses épaules. Elle ne vivait pour rien, et ne supportait pas cet état végétatif dans lequel elle se trouvait tous les matins en fixant son plafond. Il fallait qu’elle vive. Qu’elle vive pour sa cousine – c’était ridicule, ça ne l’aiderait en rien, elle était morte, morte, morte. Non, elle ne pouvait pas penser à ça maintenant, ou alors jolie crise d’angoisse allait venir la retrouver, comme à chaque fois que tout s’emballait trop vite pour elle. « Je tiens à m’excuser pour la façon dont je suis partie. Ce n’était pas… correct. » Je suis venue pour te dire ça... Menteuse ! Axe ne disait pas toujours la vérité, mais elle ne mentait pas – cette franchise, on ne la lui retirerait jamais. Elle ne pourrait jamais dire quelque chose de faux à Caleb – c’était aussi pour cette raison qu’elle était partie sans rien dire justement, car aucune de ses excuses ne semblait assez légitime à ses yeux pour paraître honnête. Ah, lâcheté, quand tu nous tiens.

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Invité
13.09.16 0:07


Axelle & Caleb
 
Pieces of peace


Je redoute le moment où Axelle va parler à son tour. Vais-je avoir seulement droit à des explications ? Je n'en sais rien et même si elle ne m'en donne pas, je ne sais pas si je trouverai le courage de lui en demander même si j'en crève d'envie. Mais j'ai toujours été le genre de personne à laisser faire les autres, à ne pas tenter de les retenir ou à me battre. Pas parce que je m'en fiche totalement, au contraire, j'aurais aimé pouvoir arrêter Axelle avant qu'elle parte mais... Elle ne m'appartient pas, elle est une personne humaine à part entière, capable de décider de ses propres choix même si cela m'a fait du mal. Certes, je n'ai jamais cessé d'espérer son retour, ni de l'appeler mais... c'était plus un geste désespéré qu'autre chose au final parce qu'au fond de moi, je me doutais qu'elle ne répondrait jamais. Mais voilà, maintenant je suis de nouveau face à elle et même si j'ai envie de lui en vouloir, elle m'a bien trop manqué pour que je puisse lui reprocher quoi que ce soit. « Et c’est toi qui t’excuse… » répond-t-elle mais je suppose que cela ne l'étonne même pas. Elle me connaît mieux que personne, elle sait comment je suis. Peut-être un peu trop gentil par moment, ce qui m'a causé beaucoup trop de tort mais ce n'est pas maintenant que je risque de changer. Elle enchaîne en me disant qu'elle ne s'attendait pas à ce que je fasse comme si de rien n'étiat et je me contente de rester silencieux, ne sachant pas vraiment quoi répondre. Intérieurement, je suis dans l'inconu total et c'est la première fois que je ressens ce drôle de sentiment, de ne pas savoir à quoi m'attendre, à ne pas réussir à rester positif. Puis elle m'avoue que ce sont mes propres parents qui lui ont dit que j'étais ici. Est-ce qu'elle est venue pour moi ? Non, bien sûr que non. Il faut que j'arrête de me faire des scénarios totalement grotesques dans ma tête. Pourtant, j'ai envie de croire que ce n'est pas un simple hasard si Axelle est ici, qu'elle tient encore à moi au fond... C'est totalement pathétique, je le conçois, surtout après tout ce qui s'est passé à Portland après son départ. D'ailleurs, je me demande comment on réagit mes parents en la voyant de leurs propres yeux, eux qui m'ont tourné le dos pour leur foutue réputation de bourge. Sûrement que je ne le saurais jamais car je ne compte pas le demander à Axelle, pas tout de suite en tout cas, et encore moins à mes propres parents avec qui je n'ai plus aucun contact. « Je tiens à m’excuser pour la façon dont je suis partie. Ce n’était pas… correct. » dit-elle soudainement et je pose de nouveau mon regard sur elle instinctivement. Est-ce que je me sens mieux qu'elle s'excuse ? Non, pas vraiment.

Un silence s'installe alors entre nous et après quelques secondes, je me décide de parler à mon tour : « Axelle, j'aurais simplement aimé que tu me le dises, même par un simple message. ». Bien sûr que cela aurait été douloureux sur le coup mais peut-être que j'aurais réussi à tourner la page, et non pas à rester dans le flou le plus total à son sujet. « Je sais que c'est totalement égoïste ce que je vais dire mais... » J'ajoute avant de laisser un léger silence planer, cherchant les bons mots. « Je pensais que je comptais assez pour toi pour que tu le fasses. ». A peine ai-je prononcé ces quelques mots que je les regrette. Pas parce que je les pense pas, mais parce que je ne veux pas la faire culpabiliser. Puis je prends une grande inspiration avant de continuer : « Tu me connais, Axelle. Tu sais très bien que je ne t'aurais pas empêcher de partir si tu en avais envie, peu importe tes raisons parce que... ». Parce que, quoi ? Parce que je l'ai aimé comme un dingue au point où elle aurait pu me demander n'importe quoi, je l'aurais fait juste pour elle ? Ouais, c'est exactement ça. « Parce que ton bonheur passe avant le mien à mes yeux. » Chaque mot est douloureux mais ne dit-on pas que seule la vérité blesse ? Peut-être qu'au final, je l'ai beaucoup trop aimé. Mais les sentiments ne se contrôlent pas, malheureusement et je pars du principe que si une chose doit arrivée, il faut l'affronter peu importe les obstacles. Être attentionné envers les personnes qu'on aime, c'est pour moi quelque chose de normal et surtout d'ancré. Peut-être que j'ai fait des erreurs avec Axelle, sûrement même car je suis loin d'être parfait mais j'ai toujours tout fait pour qu'elle soit heureuse du mieux que je pouvais. Mais maintenant, c'est plus foret que moi, je doute. Et si au final, je n'ai fait que l'éloigner de moi sans même m'en apercevoir ? Et si je n'ai jamais réussi à la rendre réellement heureuse ?
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21.09.16 10:37

Caleb & Axelle
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« Axelle, j'aurais simplement aimé que tu me le dises, même par un simple message. » Que dire ? Oui, elle aurait dû. Oui, elle avait sacrément merdé. Sauf que maintenant, elle ne pouvait pas retourner dans le passé pour changer ses actes. Un simple message. Ca n’aurait pas été pire de simplement laisser un mot, une note, quelques mots couchés sur le papier ? Dans cette situation, rien n’avait été correct, et laisser un mot lui aurait semblé encore plus odieux. L’égoïsme crasse dont elle avait fait preuve risquait de l’étouffer – comment avait-elle seulement imaginé qu’il pourrait se reconstruire après ça ? Qui pourrait se reconstruire après ça, de toute manière ? Le silence angoissant qui nous répondait, alors que l’on essayait désespérément de nouer contact. « Je sais que c'est totalement égoïste ce que je vais dire mais... » Elle referma ses poings, essayant de se contenir. Lui, égoïste ? Elle était d’autant plus attristée de le voir ainsi. Peut-être que c’était une mauvaise idée, finalement. Peut-être n’aurait-elle pas dû chercher à le retrouver. N’était-ce pas encore plus égoïste ? Maintenant qu’il avait la réponse, qu’elle allait bien, qu’elle était en vie, qu’elle l’avait quitté sans un mot délibérément… Peut-être avait-il quelque part espéré que quelque chose d’horrible lui était arrivé, ce qui l’aurait empêchée de le contacter. Peut-être avait-il espéré, dans un coin de son âme, qu’elle n’avait pas pu le prévenir indépendamment de sa volonté. Il cherchait ses mots, laissant le silence planer entre eux, suspense insoutenable… Comment pouvait-il même dire qu’il était égoïste dans cette situation ? Et même si tel était le cas, il en avait tous les droits. Elle ne savait même pas comment il arrivait à rester stoïque, face à elle, à la regarder encore dans les yeux. La culpabilité, encore et toujours, rongeait lentement chacun des pores de sa peau. Est-ce qu’on s’en débarrassait, un jour ?

« Je pensais que je comptais assez pour toi pour que tu le fasses. » Axelle n’avait pas le droit d’être triste à ses propos. Elle n’avait pas le droit de les prendre personnellement : bien sûr qu’il comptait assez. Il comptait même plus que tout, voilà pourquoi elle était partie. Parce qu’elle ne pouvait pas le faire subir tout ça. Et surtout parce qu’elle ne pouvait pas sortir les mots. C’était trop dur à dire, déjà qu’elle mourrait lentement à force de les penser. Ce serait les rendre réels, les imprimer dans ses chairs au fer rouge. « Tu me connais, Axelle. Tu sais très bien que je ne t'aurais pas empêchée de partir si tu en avais envie, peu importe tes raisons parce que... » Et c’était pire encore de le lui rappeler. Bien sûr qu’il l’aurait laissée partir. Même qu’il ne lui aurait rien dit de désobligeant. Ce n’était pas ça qu’elle fuyait, ce n’était pas la peur d’être empêchée… Et là encore, elle le hurlait dans ses pensées, dans sa tête – il ne pouvait pas l’entendre. Il ne pouvait que voir ses yeux inexpressifs. « Parce que ton bonheur passe avant le mien à mes yeux. » Comment fait-il, lui, pour laisser les mots courir sur ses lèvres sans que ça ne lui arrache la gorge au passage ? Elle aurait préféré qu’il soit ingrat, et violent à son arrivée. Elle aurait préféré qu’il ait tourné les talons sans la regarder : ça aurait été plus simple pour elle. Mais Caleb restait Caleb, et c’était pour ça que lentement, elle était tombée amoureuse du garçon. Parce qu’il était gentil, généreux, compréhensif. Que le monde avait cette beauté au travers de son regard qu’elle ne trouvait nulle part ailleurs. Et c’était aussi pour toutes ces qualités qu’elle n’avait pas pu lui avouer. « Arrête de vouloir me voler la vedette. La seule égoïste ici c’est moi. C’est parce que tu comptais pour moi que je ne pouvais pas simplement te laisser un mot… Ca n’a pas de sens, je sais. Tu méritais mieux qu’un mot. Tu mérites toujours mieux qu’un mot. Ca aurait été pire pour moi de juste te laisser une feuille… Je suis désolée… » Elle avait envie de pleurer sur tout ce qui avait déraillé depuis que la voiture avait quitté la route. Ses yeux restaient désespérément secs d’avoir trop pleurés ces derniers mois. « Je sais que tu ne m’aurais pas empêchée… Mais… Je ne pouvais juste pas affronter ça. » Elle baissa la tête, consciente de la médiocrité de ses excuses. Elle n’avait rien d’autre à lui offrir pour le moment. Elle lui avait volé un temps précieux, un bonheur qu’il ne rattraperait jamais. Elle aurait aimé avoir plus à lui proposer pour le dédommager. « L’intention n’était pas de te blesser, bien sûr que non… Et je ne suis pas partie par envie. » L’intention malsaine avait surtout été de se punir comme elle le pouvait de ce qui était arrivé par sa faute. « Si tu veux que je m’en aille, ou même que je quitte Seattle, je comprendrai. Il suffit de me le dire. » Elle ne voulait pas l’importuner plus encore que ce qu’elle l’avait fait. Ax avait juste eu envie, une fois dans sa vie, de remettre les choses à plat. Peut-être que ça l’aiderait à avancer. C’était ce que disait son psy – mais elle se demandait souvent s’il n’avait pas obtenu son diplôme dans une pochette surprise. Elle se leva de la banquette, presque dans l’expectative d’être chassée – mais au fond d’elle, elle savait. Caleb ne lui dirait jamais de s’en aller. Est-ce qu’elle se servait de ça pour rester encore un peu avec lui ? Sa médiocrité lui donnait envie de l’entendre prononcer son nom, encore une fois, de lui demander de rester. Sauf qu’elle n’arrivait pas à soutenir son regard, fuyant, cherchant un point à l’horizon qui ne lui rappellerait pas combien elle avait merdé sur ce coup-là. « J'ai fait une connerie. Et j'avais besoin de... d'essayer de réparer un peu ça. Mais là encore, c'est égoïste de vouloir ce genre de choses sans l'avis de l'autre. »  

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27.09.16 16:21


Axelle & Caleb
 
Pieces of peace


« Arrête de vouloir me voler la vedette. La seule égoïste ici c’est moi. C’est parce que tu comptais pour moi que je ne pouvais pas simplement te laisser un mot… Ca n’a pas de sens, je sais. Tu méritais mieux qu’un mot. Tu mérites toujours mieux qu’un mot. Ca aurait été pire pour moi de juste te laisser une feuille… Je suis désolée… » Sincèrement, je n'ai aucune idée d'où je trouve la force pour rester face à Axelle, pour affronter ce qu'elle a à me dire alors que j'ai encore du mal à réaliser qu'elle est là, bel et bien là après tout ce temps sans la voir, à imaginer le pire... Mes mains sont liées l'une à l'autre avec force, posées sur mes genoux, pour la simple et bonne raison que je n'arrive pas à arrêter mes tremblements qui ne font que s'accentuer au fil des secondes qui passent au côté de celle que j'ai profondément aimé. J'aurais aimé qu'elle me réponde qu'au final, j'ai raison, elle ne tenait pas à moi à ce point-là... Parce que cela aurait facilité la situation, parce que je saurais que je n'ai plus rien à espérer définitivement. Mais qu'est-ce que je m'imagine, au juste ? Que nous pouvons redevenir les personnes que nous étions auparavant à Portland ? Non, c'est impossible. Pas après tout ce qui s'est passé, tous ses non-dits, cette distance... Mais j'ai peur de la perdre une seconde fois. Si ma sœur me voyait à cet instant-même, elle aurait sûrement envie de me gueuler dessus et elle me rappellerait tout ce que j'ai vécu depuis la soudaine disparition de mon ancienne petite-amie. Mais je n'arrive pas à en vouloir à Axelle, je n'arrive pas à ressentir de la colère envers elle et à mes yeux, je n'ai pas le droit de la porter responsable de tous mes maux. Elle a fait ce qu'elle avait à faire même si cela m'a blessé. « Je sais que tu ne m’aurais pas empêchée… Mais… Je ne pouvais juste pas affronter ça. » continue-t-elle et cette fois-ci, c'est elle qui baisse la tête. Instinctivement, une de mes mains s'approche dangereusement de son épaule mais je la recule presque aussitôt. J'agis naturellement avec elle, comme avant et je ne devrais pas. Je ne peux pas avoir ce genre de geste attentionné envers elle comme j'en avais l'habitude auparavant mais c'est une foutue habitude... à croire que certaines choses sont trop bien ancrées pour qu'on réussisse à s'en détacher même après des mois. Restant silencieux, incapable de répondre pour le moment, je me contente de l'écouter parler et quand elle me dit qu'elle comprendrait si je souhaite qu'elle quitte Seattle ou qu'elle s'en aille, qu'il me suffit de lui demander, je ne peux que secouer la tête de gauche à droite pour montrer mon désaccord sans pour autant lui jeter le moindre regard. Qui suis-je pour lui demander de partir ? La vérité, c'est que je suis incapable de le faire alors que je commençais enfin à aller peu à peu de l'avant, même si mes cauchemars sont toujours bel et bien présents et je sais que l'avoir revu ne va pas arranger les choses, bien au contraire. Je l'entends se lever de la banquette et je me demande si elle attend que je lui dise de partir de moi-même, ou si elle va le faire d'elle-même. « J'ai fait une connerie. Et j'avais besoin de... d'essayer de réparer un peu ça. Mais là encore, c'est égoïste de vouloir ce genre de choses sans l'avis de l'autre. » ajoute-t-elle et je me décide à me lever à mon tour du fauteuil. Je n'ai aucune idée de quelle connerie elle parle, de ce qu'elle a ressenti le besoin de réparer mais je ne veux pas la forcer à me parler de cela si elle n'en ressent pas le besoin ou l'envie. « Je ne veux pas que tu partes. » Ce simple aveux est beaucoup plus difficile à dire que ce que je pensais... Pourtant, cela ne m'empêche pas de prendre de nouveau la parole. « Je vais être sincère avec toi, Axelle. J'ai déjà imaginé mainte fois nos retrouvailles et la majorité du temps, je te balançais tout un tas de connerie sans aucun remord pour te blesser, pour que tu ressentes ce que j'ai ressenti pendant ton absence comme si cela pouvait arranger les choses mais... Je me rends compte que ce n'est pas moi, que je suis incapable de te faire ça. » Mes yeux cherchent alors pour la première fois son regard. « Et crois-moi, je me déteste de ne pas pouvoir te dire de te tenir éloigner de moi, que je suis mieux sans toi, que j'ai tourné la page mais ce serait mentir. Alors si tu veux partir, pars. Mais je veux que tu me promettes une chose, Axelle. Parce que tu n'as pas été seulement la personne que j'ai aimé mais aussi ma meilleure amie et... Même si du temps s'est écoulé, tu restes une personne importante, peu importe ce qui s'est passé. » Je me déteste déjà pour ce que je vais lui demander ; et je sais que je dois avoir l'air d'être totalement désespéré mais je m'en fiche pas mal à vrai dire. Sûrement qu'en rentrant chez moi, je repenserai à tout cela et je me rendrais compte à quel point j'ai mal choisi mes mots et à quel point cela sonnait mal mais tant pis. « Promets-moi de me donner des nouvelles de temps en temps. Même si simplement pour me dire que tout se passe bien... Parce que je ne peux plus vivre avec l'idée que tu n'es plus là maintenant que je t'ai face à moi. » C'est dit, plus aucun retour en arrière possible à présent. J'ai cette désagréable impression que mes mots sonnent comme des adieux et ce n'est pas ce que je souhaite. Au final, peut-être que c'est mieux pour nous de ne plus se revoir... Je ne trouve même pas le courage de lui poser la question par peur d'entendre sa réponse. Encore une fois, j'ai la sensation que tout m'échappe.
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02.10.16 18:40

Caleb & Axelle
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« Je ne veux pas que tu partes. » Les mots. Ceux qu’elle attendait malgré tout ce qu’elle pouvait dire, malgré tous les détours derrière lesquels elle se cachait. Elle avait l’impression qu’il ne dirait plus rien après ça. Est-ce qu’elle s’était attendue à autre chose en venant le voir ? Est-ce qu’elle n’avait pas prévu, ça, cet aveu, cette volonté ? Peut-être. Elle préférait ne pas y réfléchir – elle ne se voulait pas fourbe, manipulatrice, presque. Soit dit en passant, elle ne s’attendait vraiment pas à le retrouver… là. Voilà des semaines qu’elle hésitait, qu’elle balançait entre l’envie, le besoin et la moralité. C’était à cause de ça qu’elle s’était freiné tout ce temps. Il devait vivre sa vie. Sans elle. Sans son retour. Sans sa décision de ne plus être idiote. « Je vais être sincère avec toi, Axelle. » Est-ce qu’il avait déjà menti ? Est-ce qu’il s’était déjà séparé de cette sincérité qui lui collait à la peau ? « J'ai déjà imaginé mainte fois nos retrouvailles et la majorité du temps, je te balançais tout un tas de connerie sans aucun remord pour te blesser, pour que tu ressentes ce que j'ai ressenti pendant ton absence comme si cela pouvait arranger les choses mais... Je me rends compte que ce n'est pas moi, que je suis incapable de te faire ça. » Elle avait envie de le prendre dans les bras. Elle n’avait jamais voulu lui faire autant de mal. Elle n’avait jamais eu l’intention de le blesser. Aujourd’hui, de nombreux mois sans se voir creusaient leur relation. Ils étaient loin, l’un de l’autre, comme deux planètes dans une même galaxie. Elle préférait ne rien dire pour le moment, le laisser parler – bavarde, qu’elle était d’habitude. Incroyablement bavarde. Les mots s’étaient envolés en même temps que la vie de sa cousine et aujourd’hui, elle savait qu’il fallait qu’elle se taise. Même s’il voulait l’insulter – elle aurait accepté sans broncher.

Leur regard se rencontra, s’électrisa et la terre s’ouvrit sous ses pieds en attendant la suite. « Et crois-moi, je me déteste de ne pas pouvoir te dire de te tenir éloignée de moi, que je suis mieux sans toi, que j'ai tourné la page mais ce serait mentir. Alors si tu veux partir, pars. Mais je veux que tu me promettes une chose, Axelle. Parce que tu n'as pas été seulement la personne que j'ai aimé mais aussi ma meilleure amie et... Même si du temps s'est écoulé, tu restes une personne importante, peu importe ce qui s'est passé. » Une chaleur nouvelle fleurit au creux de son ventre en entendant ces mots. Elle pouvait voir la lutte personnelle qui se jouait dans son regard, et pas forcément dans ses propos. Une part d’elle-même se haïssait de le voir toujours attaché à elle, même après ces mois. Ils étaient meilleurs amis, aussi.

Et c’était presque ça qu’elle regrettait le plus. Quand elle était partie, qu’elle avait dormi seule, sans un message de sa part, sans un appel, pour la première fois depuis longtemps, elle avait compris l’importance qu’il avait. Il avait réussi à se frayer un chemin en elle, lentement, mais sûrement. Elle avait souri devant les panneaux publicitaires, quand elle faisait ses courses, quand elle organisait sa semaine, parce qu’elle s’imaginait à chaque fois ce qui se serait passé s’il avait été là. Comment ça se serait passé. Elle avait connu leur relation sur le bout des doigts, leur façon de se faire, de se comporter. Et aujourd’hui quand elle le regardait, ce n’était pas lui l’inconnu, mais elle-même.

« Promets-moi de me donner des nouvelles de temps en temps. Même si simplement pour me dire que tout se passe bien... Parce que je ne peux plus vivre avec l'idée que tu n'es plus là maintenant que je t'ai face à moi. » Est-ce qu’elle voulait partir ? Non, bien sûr que non, puisqu’elle était venue pour lui… Mais elle ne pouvait pas le lui dire, bien sûr que non… Et pourquoi pas ? Elle avait l’impression qu’il lui sous-entendait de partir… Si c’était un adieu, elle avait besoin de plus. Elle ne voulait pas que des mots. Axelle laissa tomber son sac en bandoulière par terre et se glissa dans les bras de Caleb. Elle ne savait pas s’il refermerait les bras autour d’elle, s’il souhaiterait la repousser, elle ne savait pas et s’en moquait bien. Elle, elle avait envie de ce câlin, de cette étreinte. Qu’elle sonne comme un adieu ou comme une promesse, ça importait peu. « Je suis venue ici seulement pour te revoir Caleb, dit-elle le front posé contre sa cage thoracique. Parce qu’il n’y avait que toi qui comptait. J'ai toujours été sincère avec toi. Tu tiens la même place dans mon cœur. » Peut-être qu’il ne l’entendait pas. Elle s’en foutait. « Je te promets tout ce que tu voudras. »

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