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Notre sélection de scénarios :

                 
 

 Hello from the other side. [Terminé]

BREATH OF LIFE :: THE EMERALD CITY :: Belltown.
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le membre son message
08.08.16 6:39

Nastya Alzire Rojov Alekseï Wallace
Hello from the other side.
Statut + Privé.
   Lieu +Restaurant de Wallace
   Date + Début août
   Moment +Soirée
   Météo +Nuageux
   Prévention -18 +Non (n'oublie pas de le notifier dans le titre si c'est le cas)
   Intervention du PNJ +Non
   Si c'est un souhait, direction les demandes.
Breath of Life + Tous droits réservés.

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08.08.16 6:56




"Hello from the other side"


Vie comme si tu devais mourir demain, apprend comme si tu devais vivre toujours - Gandhi

J'ai connu des journées merdiques depuis mon arrivée à Seattle, mais celle-ci rentre tout de suite dans le top trois ! Ce matin, j'ai du quitter en urgence le foyer dans lequel j'avais passé la nuit : deux gars se sont battus, mais pas le genre petite bagarre des bacs à sable, non, ils ont tous les deux sortis des couteaux et ça a vite dégénéré ! Je n'ai même pas eu le temps de prendre le croissant qui nous est offert le matin. Alors dans le métro, j'espérais vraiment gagner assez pour me prendre un sandwich, ou quoi que ce soit : mon estomac se tord dans tous les sens à cause de ma faim. Mais quand je suis arrivée à l'emplacement habituel, un homme complètement ivre était en train de vomir par terre. L'odeur était si désagréable que j'ai dû trouver un autre endroit pour interpréter "La vie en rose". Je me suis donc retrouvée dans un coin pourri du capitol hill ! Autant dire que je n'ai pas du tout gagné assez d'argent : en presque 6 heures, j'avais seulement amassé 3 dollars 50, soit rien du tout pour cette ville. En Ukraine, j'aurais pu me payer un sandwich au moins, mais Nastya, pense à autre chose. La grande horloge de l'église à côté de laquelle je suis indique maintenant 19h45. Toutes les boulangeries sont fermées et je sens que je vais aller me coucher le ventre vide : je suis obligée de garder quelques sous pour le foyer sinon j'aurais en plus une belle vue sur les étoiles pour m'endormir. Je décide d'arrêter la guitare pour aujourd'hui, de toute façon quand ça ne veut pas ça ne veut pas ! Une fois dans son étui, sur mon dos, j'enjambe les barrières pour aller dans le métro et qui voilà ? Les flics ! Merde, je vais me faire allumer alors je n'ai pas d'autre choix, faire demi-tour et me barrer d'ici le plus vite possible. Je me met à courir quand j'entend leur grosse voix derrière moi et je ne m'arrête pas tant qu'ils ne sont pas effacés de mon champs de vision. J'arrive essoufflée à la frontière du quartier belltown. Il y a encore quelques restaurants d'ouvert alors si je réussi à me faire quelques pièces, je pourrais faire une pause dans l'un d'entre eux. Je m'installe donc sur un banc juste en face d'une boutique et je pousse la chansonnette : rien de bien enjoué mais assez pour gagner 6 dollars en deux heures ! C'est plus que toute ma journée entière ! Un sourire se dessine enfin sur mes lèvres, mais il n'est que de courte durée : le restaurant devant lequel j'étais est fermé, je ne l'avais même pas remarqué avant. Je lâche une insulte en ukrainien, avant de refermer mon étui à guitare pour trouver autre chose. Je marche quelques minutes et j'arrive finalement devant un petit restaurant familiale qui propose des menus pour 8 dollars : bon, c'est de la viande et j'évite dans manger en règle général mais j'ai tellement faim que j'avalerai un lion si je le pouvais ! Je me précipite vers la porte d'entrée, mais ma joie redescends aussitôt quand je sens la porte fermée. Tout est encore allumé à l'intérieur, mais je ne vois personne : tant pis, il faut que je mange quelque chose alors je me décide et je frappe quelques coups à la vitre de la porte. "Excusez-moi ! Il y a quelqu'un ?! C'est pour une commande s'il te plaît !" Mon accent est toujours aussi prononcé et je sens que je n'arrive plus à être assez concentrée pour parler comme il faut, mais je vais vraiment me mettre à pleurer s'il n'y a personne ! Alors quand je vois une silhouette se dessiner devant moi, je redonne un coup dans la porte : "S'il vous plaît ! C'est possible de manger maintenant ?!"


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Dernière édition par Nastya Alzire Rojov le 02.09.16 19:31, édité 3 fois
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10.08.16 11:58

hello from the other side.
Nastya & Alekseï


Ce soir-là, mes parents m'annoncent que je vais devoir faire la fermeture du restaurant tout seul car ils vont se faire une petite virée à deux. Génial. Enfin ''tout seul'', pas exactement car ma petite sœur est avec moi comme je dois la garder ce soir. La fermeture, c'est le plus emmerdant car  il faut toujours tout vérifier avant de partir, que tout soit bien rangé et nettoyé. Judie est assise sur une des chaises du restaurant tout en me regardant m'activer et je la vois commencer à bailler, signe qu'elle fatigue mais je ne peux pas aller plus vite que l'éclair malheureusement. Enfin, après de longues minutes à courir partout, je lui annonce qu'on va rentrer à la maison. Mais j'ai parlé trop vite car soudainement, des coups furent donnés à la porte du restaurant et une voix féminine fit irruption à ses oreilles, avec un fort accent mais cela reste compréhensible. En même temps, avec une mère russe qui a encore du mal pour certains mots même après des années passées aux Etats-Unis, je commence à avoir l'habitude. Je passe ma tête à travers la porte qui sépare la cuisine de la salle principale pour faire signe à Judie de se taire mais celle-ci se lève et se dirige vers la porte... Non mais sérieusement ? Ca ne m'étonne même pas d'elle et je me dirige vers elle pour l'empêcher d'ouvrir la porte quand de nouveau, cette même voix qui me demande si c'est possible de manger maintenant. Alors non, ce n'est pas possible car j'ai autre chose à faire et je prends la main de Judie pour la ramener contre moi mais voilà que celle-ci s'écrit de sa voix d'enfant : « Attends Madame, je vais t'ouvrir ! Laisse-moi lui ouvrir, Alekseï ! ». Trois ans, et déjà têtue comme une mule. Pas étonnant que ce soit une Wallace, elle a déjà le caractère de n'en faire qu'à sa tête et de ne pas écouter les autres. Et en plus, Judie sait que je ne peux rien lui refuser alors je la lâche non sans laisser échapper un soupir d'ennui avant de me diriger vers la porte moi-même comme Judie est encore trop petite de taille pour l'ouvrir.

Devant moi se trouve une jeune femme qui doit avoir à peu près le même âge que moi, avec de longs cheveux roux et je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit que Judie se place devant moi et tente vainement de me pousser sûrement pour laisser entrer l'inconnue avant de s'adresser de nouveau à cette dernière avec un grand sourire : « Bienvenue ! Est-ce que tu veux une table et à manger ? ». Je crois qu'elle essaye de m'imiter là mais c'est plutôt raté... Bon, de toute façon, je n'ai plus le choix maintenant que de servir cette fille même si je n'en ai aucune envie car tout ce que je souhaite c'est rentrer chez moi et en plus, je vais devoir m'amuser à ranger de nouveau derrière son passage. Quelle belle soirée qui s'annonce... Si je l'envoie chier maintenant, Judie va le dire à mes parents et... mes parents vont me dire que ce n'est pas une façon de traiter un client, peu importe l'heure. « Aleks, tu bloques la Madame devant la porte ! » renchérit ma sœur tout en mettant ses deux mains contre mes jambes dans le but de me faire déguerpir. Je ne peux m'empêcher de lever les yeux au ciel devant l'obstination de Judie avant de me pousser de l'entrée sans lâcher des yeux la rousse. Bien sûr que je suis méfiant envers elle, contrairement à ma petite soeur qui vit dans le monde des Bisounours encore à son âge. Elle peut être une voleuse ou autre. Alors après les paroles de ma petite sœur, j'enchaîne avec rapidité et sans aucune délicatesse : « Qu'est-ce que tu veux ? ». A cet instant précis, je ne dois pas avoir l'air dés plus sympathique mais en même temps... Il ne faut jamais s'attendre à grand chose venant de ma part, surtout quand on vient me déranger alors que j'étais enfin sur le point de me barrer du restaurant. Et encore, cette inconnue doit s'estimer heureuse d'être tomber sur moi... enfin plutôt sur ma petite sœur car si j'avais été seul, je l'aurais envoyé voir ailleurs si j'y étais.


Dernière édition par Alekseï Wallace le 06.09.16 15:19, édité 1 fois
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16.08.16 17:19




"Hello from the other side"


Vie comme si tu devais mourir demain, apprend comme si tu devais vivre toujours - Gandhi

Dans le quartier où je me trouve, tous les restaurants sont déjà fermés à cette heure-ci. Mais l'un d'eux n'a pas encore fermé les stores et j'ai l'impression qu'il y a quelqu'un à l'intérieur. Il y a de fortes chances pour qu'ils m'envoient voir ailleurs, mais j'ai tellement faim qu'il faut que je tente ma chance. Alors rapidement, je viens donner quelques coups contre la porte, demandant s'il est encore possible de manger quelque chose. J'attend une ou deux minutes et alors que je m'apprêtais à repartir, je vois une petite fille d'à peine 3 ou 4 ans arriver et être vite stoppait par un garçon, plus vieux cette fois-ci. Je ne les vois pas distinctement et j'essaye de me concentrer pour comprendre ce qu'il dise, mais je ne parvient pas à savoir ce qu'ils marmonnent. J'ai l'impression que le garçon hésite à me laisser entrer alors j'ajoute : "Ce ne sera pas long, promis. Juste une assiette". Mon ventre commence à gargouiller : il faut vraiment que j'avale quelque chose sinon je vais tourner de l'oeil. Quand la porte s'ouvre, je laisse échapper un soupire de soulagement : j'ai bien fait d'insister visiblement. Alors que je m'attendais à ce que ce soit le garçon, du même âge que moi à peu près, qui me demande ce que je veux, c'est la petite demoiselle qui commence. J'ignore le jeune homme et vient m'accroupir pour être à la même hauteur que la petite fille. Un sourire aux lèvres, je lui répond : "Si tu n'es pas déranger j'aimerai bien manger oui." Je lui fais un petit clin d'oeil avant de me redresser. Elle est vraiment à croquer : elle ressemble à ma petite cousine Natasha qui vit en Moldavie. Tournant la tête vers le garçon, il ne me faut pas longtemps pour voir à son expression que je gâche sa soirée. En même temps, à notre âge on a sûrement envie d'autre chose le soir : servir une cliente tardive ne doit pas être sur la liste de nos priorités. Mais je laisse mes bonnes manières de côté car pour le coup, c'est mon estomac qui contrôle. La petite fille, qui est sans doute la soeur du jeune homme, le pousse pour me laisser passer. Quand elle me décrit comme une "madame", je laisse échapper un petit rire, lui répond : "Tu sais, tu peux m'appeler Nas... Euh Alzire. Tu peux m'appeler Alzire. Madame, c'est un peu sérieux" Merde ! Ici, à Seattle, j'utilise mon deuxième prénom : il est français et attire donc moins l'attention que Nastya qui est typiquement ukrainien. Mais quand je suis stressée, je n'arrive pas à contrôler mon accent alors pour la couverture, c'est cramé. Heureusement, le garçon décide de se réveille à ce moment pour me demander ce que je veux. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'est pas très accueillant pour un serveur, ni loquasse. Sa petite soeur est plus douée du haut de ses 3 ans. Mais je n'aurais probablement pas d'autre chance de manger ce soir alors je dois redoublée d'effort pour être agréable. "Je veux juste manger. Ce que tu voudras, n'importe quoi et j'irais vite." Je ne voudrais pas le déranger trop longtemps alors je ne ferais pas la difficile. J'ai vu qu'il y avait des plats assez simple au menu, il pourra sûrement préparer quelque chose sans refaire trop de bazar. Comme la petite fille m'a fait de la place pour entrer, je m'exécute et découvre le restaurant de l'intérieur : il ne paye pas de mine de l'extérieur mais l'intérieur est très jolie. Je sors rapidement les quelques pièces de ma poche et attrape la main du garçon pour les lui donner : j'espère que comme ça, il ne pourra plus faire marche arrière et me mettre à la porte. "J'ai 8 dollars je crois.. Enfin je pense qu'il y a ce qu'il faut. Je prendrais ce que tu veux, ce qui va vite. Je peux t'aider si tu veux, pour la cuisine et la rangement. Je suis désolée de l'heure, je veux pas trop te déranger" Je pense avoir parlé vite, trop vite même. Il n'a peut être pas compris tout ce que j'ai dis, parfois mon accent prend le dessus et je parle même ukrainien sans m'en rendre compte.


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Dernière édition par Nastya Alzire Rojov le 02.09.16 19:29, édité 1 fois
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22.08.16 15:03

hello from the other side.
Nastya & Alekseï



Cette fille est étrange et il faut être aveugle pour ne pas le remarquer. Je ne dis pas cela uniquement parce qu'elle débarque de nulle part dans mon restaurant pour me demander de quoi manger avec un accent aussi prononcé que celui de ma mère, mais aussi à cause de la manière dont elle a hésité sur son prénom (sérieusement, qui hésite en donnant son prénom?) en se présentant à ma petite sœur. D'ailleurs, cette dernière a toujours ce grand sourire sur les lèvres et décide de se présenter à son tour. « D'accord Alzire, moi c'est Judie ! Et mon frère, c'est Alekseï. » Bordel Judie, combien de fois t'ais-je répété de ne pas adresser la parole aux inconnus ? Bon, je ne peux pas en vouloir à ma sœur d'être sociale contrairement à moi, et cela se voit qu'elle a hérité de notre père à ce niveau-là, mais quand même... Quand la soit disant dénommée Alzire me répond qu'elle veut juste manger, n'importe quoi, je me retiens de lever les yeux au ciel. En même temps, je me doute qu'elle n'est pas là pour refaire la décoration. Suis-je de mauvaise humeur ce soir ? Non, à peine. Mais il faut que je me reprenne car Judie aime bien balancer tout ce que je dis ou fais à mes parents quand je suis avec elle alors... Évitons d'être désagréable envers une potentielle future cliente. Mais je n'ai pas le temps de lui répondre qu'elle me prend la main pour me donner l'argent tout en parlant à toute vitesse et avec son accent, je ne suis pas sûr qu'une personne non habitué aurait compris grand chose. « C'est bon, je m'en occupe. » dis-je et dans ma tête, il est clair que je ne vais pas m'emmerder à cuisiner un des plats les plus longs et compliqués, ni même à lui donner la carte... Mais c'est sans compter sur ma petite sœur qui attrape la main de l'inconnue pour la guider jusqu'à une des tables pour l'y installer. « Table n°12, Aleks ! » s'écrie ma petite sœur, toujours en m'imitant et un bref sourire prend place sur mon visage en la voyant aller dans le meuble pour chercher un couvert de table, ainsi que la carte du restaurant. Elle sait qu'elle n'a pas le droit de toucher aux couverts et c'est donc moi qui m'amuse à les installer sur la table de la rousse sans trop lui laisser le choix. Même si je ne suis pas dés plus heureux de devoir cuisiner à cette heure-ci, je ne vais pas non  plus la faire manger par terre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne suis pas un connard à ce point-là. Puis sans un mot, je me dirige dans la cuisine et comme elle donne sur la salle principale, je peux surveiller ma sœur avec Alzire, mais aussi entendre ce qu'elles disent (comme elles peuvent me voir aussi). « Désirez-vous un apéritif ? Avez-vous fait votre choix ? » demande ma petite sœur à la jeune femme tout en se tenant droite. Judie, c'est vraiment quelque chose. Il ne faut jamais se promener avec elle ou elle va parler à chaque personne qu'elle croise... Et on perd un temps pas possible, comme maintenant. « Judie, tu me terrifies parfois. » dis-je tout en l'observant faire. « Laisse Alzire commander ! » me répond ma petite sœur et je ne peux m'empêcher de rire légèrement devant tant de caractère avant de me laver les mains pour préparer la cuisine. Habituellement, c'est mes parents qui cuisinent et je m'occupe de servir mais l'été, il y a beaucoup plus de monde et on engage souvent une autre personne pour servir histoire que je les aide aussi à la cuisine ce qui fait que je me débrouille plutôt bien. C'est peut-être même le seul domaine dans lequel je gère à peu près. « Quand tu auras choisi, dis-le moi directement. » Cette fois-ci, je m'adresse à l'inconnue car je sais que Judie va vouloir noter ce qu'elle va lui dire alors qu'elle ne sait pas écrire et franchement, je n'ai pas envie de perdre plus de temps que nécessaire.


Dernière édition par Alekseï Wallace le 06.09.16 15:19, édité 1 fois
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24.08.16 9:22




"Hello from the other side"


Vie comme si tu devais mourir demain, apprend comme si tu devais vivre toujours - Gandhi

La petite Judie, qui ne doit pas avoir plus de 4 ans à mon avis, n'a la pas langue dans sa poche. D'ailleurs, son frère ne semble pas avoir hérité de ce côté sociable, lui. J'ai trop faim pour lui dire qu'en ayant un travail, une famille et une maison, on ne devrait pas faire le difficile. De plus, mes réflexions restent toujours dans ma tête parce que j'ai connu ça moi aussi, le confort, et à l'époque je ne sais pas si j'aurais été plus gentille à sa place : aujourd'hui en tout cas, je ne laisserai plus jamais un occasion d'aider quelqu'un me passer sous le nez. Je ne peux pas m'empêcher de sourire à la petite demoiselle, mais quand je vois l'air agacé de son grand frère, je me souviens que je dois faire vite histoire de ne pas abuser de son "hospitalité". Je m'empresse de lui donner l'argent et j'espère qu'il a compris un mot dans tout mon charabia. "Merci, c'est.. Enfin merci". Je regarde maintenant le prénommé Alekseï : tiens, c'est d'origine russe non ? Pourtant ni lui ni sa soeur n'a d'accent, ils doivent simplement avoir des parents originaires de là-bas je suppose. Mais j'évite de l'embêter avec mes questions alors j'esquisse simplement un petit sourire timide replaçant mes cheveux en arrière. Je sens une petit main attraper la mienne, et je ne peux pas m'empêcher de rire quand la petite Judie m'emmène vers une table : elle ne doit pas avoir l'habitude de faire ça mais j'ai l'impression que ça lui plait d'imiter son grand frère. C'est lui qui vient disposer les couverts sur ma table avant de filer sans un mot dans la cuisine : il est vraiment étrange je trouve, je ne saurais pas dire si je suis tombée sur lui lors d'un mauvais jour ou s'il est simplement mal agréable tout le temps. Quelque soit la réponse, mon arrivée tardive ne doit rien arranger. Je reviens sur Judie qui me propose un apéritif : je n'ai jamais entendu ce mot et je n'ai aucune idée de ce qu'il signifie. J'ai encore beaucoup de vocabulaire à apprendre, notamment dans les endroits où je ne vais jamais, comme les restaurants. Pour éviter de passer pour une folle qui ne connais pas un mot qu'une enfant de 4 ans maîtrise, je hoche simplement la tête de gauche à droite avec un sourire aux lèvres : "Non merci, pas apéritif. Hm je vais regarder ce que le restaurant propose.. C'est quoi ton plat préféré ici Judie ?" J'espère avoir bien prononcé ce mot : en même temps, mon accent est déjà terrible pour tout le reste, ça devrait passer inaperçu. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la petite a un sacré caractère : elle ne se laisse pas faire devant son grand frère et ce dernière ne me donne pas l'impression de pouvoir lui refuser quelque chose. Quand il me dit de m'adresser à lui quand j'aurais choisi, je hoche la tête de bas en haut avant de regarder vraiment le menu cette fois-ci. Merde, j'ai déjà bien du mal avec la langue anglaise, mais leur écriture et encore plus bizarre ! Leur alphabet latin est bien différent du notre qui est cyrillique et même si j'arrive à lire des messages simples, tout un menu c'est plus difficile. Mais il me semble avoir vu des croques-monsieur sur la pancarte dehors, ça devrait être rapide ça non ? Je lève la tête de ces caractères plus bizarres les uns que les autres et je parle un peu plus fort pour qu'Alekseï m'entende : "Si ça te va, un croque-monsieur c'est bien. Si tu as besoin d'aide tu peux me dire, je peux t'aider." A vrai dire, je n'ai pas été dans un restaurant depuis tellement de temps que j'en suis presque gênée : même en Ukraine pour le coup nous n'avions pas le temps pour ce genre de chose. Je sors de mes pensées en voyantla petite Judie s'asseoir en face de moi. Elle est vraiment à croquer et maintenant que je la regarde un peu plus, elle ressemble bien à son grand frère : enfin d'un point de vu du physique, le caractère ça à l'air d'être une autre chose. "Alors Judie, tu aides souvent ton grand frère ici ? C'est lui qui t'a appris tout ça ?" Maintenant que je sais que je vais avoir quelque chose à manger ce soir, j'arrive à me calmer un peu et je contrôle mieux mon accent du coup. Nous discutons un peu avec Judie : elle m'impressionne pour une petite fille de son âge ! J'espère qu'elle comprend tout ce que je dis mais même si ce n'est pas le cas, elle ne me le fait pas sentir. D'ailleurs je ne sais toujours pas comment Alekseï à réussi à me comprendre tout à l'heure, il a peut-être l'habitude s'ils sont bien originaire de Russie. Je me demande de quel côté il se trouve par rapport au conflit qui oppose nos pays... Mes coudes son sur la table et j'ai posé ma tête sur mes mains : l'espace d'un instant, je regarde Alekseï dans la cuisine et j'espère qu'il n'en a juste rien à faire de toute cette histoire. Je n'ai pas un semblant de force dans les bras, mais je pense que je pourrais étrangler quelqu'un qui défendrait le camp opposé. Allez Nastya n'y pense pas, après tout il n'a peut être rien à voir avec Russie, juste des parents qui aiment ce prénom. Je suis toujours en pleine discutions avec Judie et je lui demande en souriant : "Mais jolie comme tu es, tu dois avoir plein d'amoureux à l'école non ? Enfin si tu vas à l'école d'ailleurs, tu as quel âge Judie ?" Je n'entend pas Alekseï, j'espère qu'il ne me prend pas pour une folle d'entamer une discussion avec sa petite soeur !


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Dernière édition par Nastya Alzire Rojov le 02.09.16 19:33, édité 1 fois
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01.09.16 17:15

hello from the other side.
Nastya & Alekseï



Tandis que j'attends la commande de la dénommée Alzire, j'observe Judie qui a l'air d'être heureuse qu'une « adulte » lui adresse la parole et ne la traite pas comme une gamine. Je sais qu'à l'école, elle rencontre quelques difficultés pour se lier aux autres enfants de son âge aussi incroyable que cela puisse paraître quand on la voit parler ainsi à une personne qu'elle ne connaît pas. « J'aime tout ! Sauf les légumes. C'est vraiment pas bon les légumes... » lui répond ma petite sœur alors qu'une légère grimace vient déformer son visage enfantin. Puis enfin, Alzire se décide à me dire ce qu'elle souhaite tout en précisant qu'elle peut m'aider si besoin. Comment lui expliquer avec tact que si effectivement, je lui dis que j'ai besoin d'aide, Judie va tout balancer à mes parents et je vais me faire assassiner pour avoir fait bosser un client ? Bon, il vaut mieux que je me taise en fait alors je me contente de secouer la tête de gauche à droite avant de lever le pousse en l'air pour lui signifier que la commande est en cours. Un croque-monsieur, c'est ce qu'il y a de plus simple et d'accord, cette fille me dérange et je ne sais rien sur elle, mais je ne peux pas jouer l'hypocrite plus longtemps : ce n'est pas une emmerdeuse non plus contrairement à d'autres clients que j'ai déjà connu ici. Cela n'empêche pas que j'ai quand même envie de rentrer chez moi le plus vite possible. Tout en cuisinant, je jette quelques regards du côté de la cliente et Judie qui vient de s’asseoir face à cette dernière. « Oui et je veux travailler ici plus tard, comme lui ! J'aime bien ton accent, il ressemble à celui de ma maman. Elle est russe et moi je suis russe et américaine ! » raconte Judie avec naturel. La voir raconter sa vie avec autant de facilité me donne envie de sourire même si cela peut être légèrement gênant pour Alzire. Tout le monde n'apprécie pas les enfants et moi-même avant d'avoir ma petite sœur dans ma vie, je faisais partie de ces personnes qui ne supportent pas d'en entendre un pleurer dans le centre commercial ou n'importe quel endroit en commun. Bon, je ne veux toujours pas d'enfants plus tard mais au moins, je les supporte à présent. « J'ai bientôt quatre ans et non, je n'ai pas d'amoureux parce que Aleks m'a dit qu'il faut que je frappe les garçons. » balance soudainement ma petite sœur à la question de l'inconnue et je manque de renverser le plat que je m'apprête à amener sur la table lorsque je l'entend dire cela. « Tu déformes mes propos, Judie. » dis-je en me mêlant à la conversation avant de poser le fameux croque-monsieur avec comme accompagnement des frites devant notre très chère cliente. « J'ai juste dit que tu devais faire attention. ». Bon d'accord, je lui ai carrément dit que si un garçon l'approchait d'un peu trop près, elle devait lui en coller une sans aucune hésitation mais... Ce n'est pas de ma faute, je suis protecteur envers elle ! Mes parents m'ont répété mainte fois qu'elle n'a que trois ans et demi mais quand même, on ne sait jamais ce qui peut passer par la tête d'un gamin. « Oui mais il faut que je fasse attention en les frappant. » ajoute Judie avec un grand sourire. Oh bordel, mais pour qui elle est en train de me faire passer là ? Pour le grand frère qui donne les pires conseils du monde, c'est sûr. « Et toi Alzire, tu as un amoureux ? » enchaîne Judie comme si la conversation était ce qu'il y avait de plus normale. « Tu dois en avoir un avec tes cheveux et t'es grande ! ». Alors que je suis en train de préparer l'assiette pour Alzire, je ne peux m'empêcher de sourire en entendant cette phrase-là sortir de la bouche de ma petite sœur. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'est sa manière à elle de faire des compliments. « Judie, tu sais qu'on doit éviter de poser ce genre de questions aux grandes personnes ? » Je la reprend avec un doux sourire, et je vous assure que ce sourire-là, on peut le voir sur mon visage uniquement quand je m'adresse à elle. Et là, elle se penche vers la jeune femme qui lui fait face pour s'adresser uniquement à elle, m'ignorant totalement : « Ne fais pas attention à lui, il est jaloux parce qu'il n'a pas d'amoureuse lui ! ». Le pire, c'est qu'elle murmure en croyant sûrement que je ne peux pas entendre sauf que je suis juste à côté. Bon, c'est peut-être le moment pour moi de repartir en cuisine pour nettoyer. « Ok j'ai compris, discussion de fille. » dis-je d'un ton sarcastique en levant les mains.


Dernière édition par Alekseï Wallace le 06.09.16 15:20, édité 1 fois
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03.09.16 20:44




"Hello from the other side"


Vie comme si tu devais mourir demain, apprend comme si tu devais vivre toujours - Gandhi

La petite Judie est assez surprenante pour son âge : elle est très à l'aise avec moi alors qu'elle ne me connaît même pas. Quand elle m'avoue qu'elle aime tout à l'exception des légumes, un sourire amusé se dessine sur mes lèvres. Elle ressemble aux autres enfants sur ce point, tout ce qui est vert dans l'assiette ne semble pas les emballer : "Et Alekseï, il ne te prépare pas des bons légumes ?" Je précise d'ailleurs à ce dernier qu'un croque-monsieur sera parfait : je ne pense pas que ce soit compliqué à préparer alors comme ça, ils pourront plus vite rentrer tous les deux. Je lui propose également mon aide, mais visiblement il s'en sort tout seul. En même temps, je ne suis pas sur que ce soit très "conventionnel" d'avoir une cliente dans les cuisines. Je reste donc tranquillement à ma place avec la petite Judie qui s'est maintenant installée en face de moi. Je jette un coup d'oeil vers Alekseï en cuisine et quand mon regard croise le sien, je me retourne vers Judie : "Tu te débrouilles déjà très bien, je suis sur que tu seras très bien ici" j'affiche un doux sourire pour Judie jusqu'à ce qu'elle me parle de mon accent et de celui de sa mère : j'avais raison, ils sont bien d'origine russe eux deux. Du côté de leur maman visiblement. Mon sourire s'efface rapidement mais j'essaye de garde la face devant la petite. S'ils vivent ici, ils ne se préoccupent peut-être pas de ce qu'il se passe entre nos deux pays et après tout, ce n'est qu'une petite fille de 4 ans alors je la vois mal se rendre à la police pour me dénoncer. Je lui répond donc "C'est gentil merci. C'est un accent ukrainien. L'Ukraine c'est juste à côté de la Russie, on est presque voisine." Judie et Alekseï n'ont pas vraiment d'accent : ils n'ont peut-être jamais vécu en Russie ou au moins pas assez longtemps pour avoir ce grain de voix typique. Pour changer un peu de sujet, je demande à la puce si elle a un amoureux à l'école et sa réponse me fait rire : visiblement, son grand frère est assez protecteur. En le voyant se défendre, j'en suis tellement amusé que j'oubli presque la faim qui me tiraille. Mais la bonne odeur qui se dégage de l'assiette me ramène sur terre et je n'ai qu'une hâte : mordre dans ce croque monsieur. Histoire d'avoir un minimum de manière, je ne me jette pas dessus même si ce n'est pas l'envie qui m'en manque. "Les garçons ne sont pas tous très gentils mais je suis sur qu'ils ne méritent pas tous des coups de poings !" Les amoureux, c'est facile à cet âge : ils portent nos sacs et partagent avec nous leur goûter. C'est quand on grandit que ça se complique et qu'il faut vraiment faire attention. Je me décide enfin à prendre une bouchée de mon croque-monsieur : c'est tellement bon. Enfin je ne sais pas si c'est si bon parce que je n'ai rien avalé de la journée ou si Alekseï fait vraiment de très bon repas. C'est probablement un peu des deux. J'attrape également une frite avant de dire au jeune homme : "C'est vraiment très bon, merci !" J'en reprend une nouvelle bouchée mais j'essaye d'aller doucement, histoire d'en profiter. Quand Judie me demande si j'ai un amoureux, j'ai un pincement au coeur : j'en avais un, Vladimir, mais c'était il y a longtemps maintenant, comme si j'avais vécu cette histoire dans une autre vie. Je ne me vois pas expliquer ce genre de chose à une petite fille de 4 ans, alors j'essaye d'afficher mon plus beau sourire et je hoche la tête de gauche à droite mais avant de répondre, elle enchaîne avec un gentil compliment. Enfin je suppose que s'en est un. Ces deux là me font rire : il ne faut pas être un génie pour comprendre qu'Alekseï adore sa petite soeur. Je ne sais pas s'il est aussi bougon avec tout le monde mais en tout cas, il ne l'est pas et il doit pas l'être souvent avec Judie.  Je n'ai pour ma part jamais eu de frère ni de soeur, mais voir ce genre de relation complique me fait sourire. Quand la petite demoiselle se penche vers moi pour m'expliquer que son frère n'a pas "d'amoureuse", je lui répond en chuchotant de la même manière : "Je comprends, mais c'est peut-être parce que les autres filles le frappent aussi!" Je fais un petit clin d'oeil à Judie et Alekseï décide lui de se lever pour filer en cuisine : les discussions de fille ce n'est pas pour lui. Je continue mon délicieux repas tout en répondant à la question de tout à l'heure : "Mais sinon, je n'ai pas d'amoureux. J'en avais un avant, il s'appelait Vladimir et il était vraiment gentil. Mais comme je suis venue ici ce n'est plus mon amoureux" Je ne sais pas vraiment pourquoi je parle de Vlad à une petite fille de 4 ans : je pense à lui tous les jours depuis qu'il m'a quitté, enfin depuis qu'on me la prit et parler de lui à voix haute me fait du bien. C'était il y a presque un an maintenant mais ma situation actuelle m'empêche de penser à lui sereinement. J'avais tellement faim que j'ai englouti la totalité de mon croque-monsieur s'en m'en rendre compte. Je pousse alors mon assiette pour qu'elle soit au milieu de la table avant de précise à la petite Judie : "Si tu veux des frites tu peux en prendre, Alekseï en a fait assez pour deux." Je ne pense pas m'éterniser ici pour ne pas déranger encore plus son grand frère, mais j'avoue que cette petite Judie est vraiment un amour. Je jette ensuite un coup d'oeil vers l'horloge qui orne le mur en face de moi : le temps que j'arrive au foyer, il sera trop tard pour avoir une place. J'imagine que ma fin de soirée ne sera pas sur la même lancée que le début, mais tant que je suis ici je n'y pense pas. "Ton grand-frère s'occupe souvent de toi le soir comme ça ? " Ce dernier est dans la cuisine, probablement pour ranger. C'est gentil de sa part en tout cas de passer la soirée avec sa petite soeur, beaucoup de grand frère de son âge aurait préféré sortir à la place.


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10.09.16 15:38

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Nastya & Alekseï



Il ne faut surtout pas parler de légume à ma petite soeur et quand je la vois grimacer et secouer la tête de droite à gauche avec vivacité quand Alzire lui demande si je ne lui fais pas de bon légume, cela me donne plus envie de rire qu'autre chose. Puis en l'écoutant parler avec ma petite sœur, j'apprends que la dénommée Alzire est ukranienne. A vrai dire, je suis au courant des conflits entre la Russie et l'Ukraine mais disons-le clairement, je m'en fiche totalement. Même si je suis à moitié russe, je ne m'intéresse pas vraiment à ce qui se passe là-bas ou à côté alors que j'ai de la famille là-bas que je ne connaîtrais jamais. Simplement, je me demande si, tout comme mère dans sa jeunesse, elle a cherché à fuir quelque chose là-bas, ce qui ne serait pas étonnant au final. Elle ne parle pas très bien anglais alors sûrement qu'elle est là depuis peu de temps... Je sais que ma mère a mis du temps avant de s'habituer totalement à la langue d'ici et encore maintenant, il lui arrive de ne pas trouver un mot en particulier. Il faut l'avouer, je m'estime heureux d'être bilingue et de ne jamais eu à avoir ce problème-là comme je baigne dans les deux langues depuis mon enfance. Enfin bref, il faudrait peut-être que j'arrête de me poser des questions au sujet de l'inconnue, surtout que je ne la reverrai certainement jamais et cela ne me regarde pas. Quand j'amène le plat et qu'elle me dit que c'est très bon, je lance sans trop réfléchir avec ironie : « Ca fera une mauvaise note en moins sur les sites culinaires. ». C'est en voyant le regard empli d'incompréhension que me lance ma petite sœur que je me décide d'ajouter en vitesse : « C'est ma façon de dire te merci, aussi étrange soit-elle ». Non, je ne suis pas franchement doué pour répondre aux compliments mais en même temps, je suis plus habitué à être traité de parfait connard qu'autre chose. Et même si je sais que je cuisine plutôt bien (de toute façon pour rater un croque-monsieur, il faut vraiment  le vouloir), cela fait toujours plaisir d'entendre cela. Heureusement pour moi, Judie enchaîne et pour une fois, je la remercie de beaucoup trop parler pour son bien. Mais cela me fait plaisir de la voir ainsi, aussi naturelle et décontractée contrairement à l'école. Je décide alors de quitter la pièce principale pour les laisser discuter entre elles et aussi pour ranger, même si j'entends toujours leur discussion dans la cuisine. Mais je ne m'en préoccupe pas vraiment parce que je suis plus occupé dans ma tâche qu'autre chose. Jusqu'à ce que j'entende la voix de ma petite sœur prononcer mon surnom une nouvelle fois... « Tu sais, Aleks m'a raconté un jour qu'il y a une légende chinoise qui dit qu'on est relié par un fil rouge à notre vrai amoureux alors peut-être que tu reverras Vladimir ! » dit-elle avec enthousiasme et je regrette de n'être qu'un simple humain incapable de parler par télépathie à ma petite sœur parce que je peux vous jurer que je l'aurais fait taire à cet instant précis. Et pour ma défense, c'est en regardant un animé japonais que j'ai pris connaissance de cette légende et non en cherchant des conneries par rapport à l'amour ou je ne sais trop quoi. C'est vrai que cette légende m'a marqué même si je n'y crois pas parce que pour moi, l'amour est quelque chose de beaucoup trop complexe et compliqué et je ne veux pas l'expérimenter. « Merci ! » ajoute alors Judie avant de prendre une frite dans l'assiette d'Alzire et en temps normal, je lui aurais sûrement fait remarquer de ne pas le faire, surtout qu'elle a déjà mangé plus tôt, mais je capitule pour ce soir. « Oui mais comme il va rentrer à l'école de nouveau et moi aussi en septembre, mes parents vont peut-être appeler une fille pour me garder quand il sera pas là ! » raconte-t-elle et j'ai envie de la corriger pour lui rappeler que c'est une babysitter mais quand Judie a du mal à prononcer les mots, elle donne carrément la définition. « J'espère qu'elle sera gentille comme toi. » ajoute Judie avec un grand sourire puis son regard se pose sur l'assiette presque vide au milieu de la table avant de lever de  nouveau ses yeux vers Alzire. « Dis, tu vas revenir hein ? » lui demande-t-elle soudainement. « Je sais que tu dois avoir un travail comme les grandes personnes mais j'aimerai bien te revoir. ». Du Judie tout craché. J'ai beau lui avoir expliqué de nombreuses fois  que les ''grandes personnes'' n'avaient pas le même sens des relations que les enfants, elle n'a pas l'air de le comprendre. Même si pour elle cela ne se passe pas vraiment de cette façon, à l'école, il suffit de cinq minutes pour être ami avec quelqu'un. Le pire, c'est qu'elle a une très bonne mémoire pour son jeune âge et elle se rappelle souvent des personnes à qui elle a adressé la parole alors je suis sûr qu'elle va me parler d'Alzire encore quelques temps. Je lance alors un regard quelque peu désolé à cette dernière ; parce que je sais que le comportement de ma petite soeur peut-être légèrement embarrassant par moment et aussi parce que je pense qu'elle ne reviendra pas. Après, peut-être que je me trompe.
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12.09.16 14:11




"Hello from the other side"


Vie comme si tu devais mourir demain, apprend comme si tu devais vivre toujours - Gandhi

Quand Alekseï m'apporte le croque-monsieur accompagné de quelques frites, l'odeur annonce un excellent repas. Je sais que depuis quelques temps, je ne suis pas très difficile d'un point de vue culinaire mais après avoir pris une première bouchée, je peux confirmer que c'est très bon. Et quand je le précise à Alekseï, ce dernier fait allusion à un site culinaire et à une mauvaise note évitée. A vrai dire, je ne comprend pas du tout ce que cela veut dire et quand mon regard croise celui de Judie, j'ai l'impression qu'elle est aussi perdue que moi. Finalement, son grand frère m'explique que c'est sa manière à lui de dire merci. Je suppose que sa remarque aurait eu plus d'effet si elle n'avait pas été adressé à une petite fille de 4 ans et à une ukrainienne qui parle à peine l'anglais. Je répond par un simple sourire, replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Plus le temps avance et plus je trouve Alekseï assez étrange : j'ai l'impression qu'il veut faire le dur, comme s'il se donnait un genre qui, finalement, ne lui va pas du tout. Après, je ne sais rien de lui. Je me trompe peut-être ou alors il fait ça pour une raison qui lui est propre. En discutant avec la petite Judie, cette dernière me demande si j'ai un "amoureux". Je n'ai pas de raison de lui mentir -enfin, je l'ai fais pour mon prénom mais c'est une autre histoire et puis après tout, ce n'est qu'un demi mensonge- alors je lui parle de Vladimir, comme on parle d'un ancien amour. Evidemment, je ne lui précise pas qu'il est impossible que nous soyons ensemble à nouveau un jour. Quand elle me parle d'une histoire que lui a raconté son grand frère, je lève le regard vers ce dernier qui semble tout gêné dans la cuisine. "Ton frère connaît de très jolie légende. Je ne pense pas que ce fil soit relié à Vladimir, mais j'ai peut-être quelqu'un qui m'attend ailleurs." Et j'ajoute en parlant moins fort pour qu'Alekseï ne m'entend pas : "Par contre, si tu rencontres celui avec qui tu es relié, conseil de fille, évite les coups de poings." Je fais un clin d'oeil à la petite Judie, un sourire amusé aux lèvres. Depuis que je suis à Seattle, je ne me souviens pas d'avoir eu une discussion aussi longue et sympa avec quelqu'un. Bon, cette personne est une petite fille de 4 ans, mais quand on a rien à côté, c'est un vrai plaisir. J'avance alors mon assiette de frite au milieu de la table pour que Judie puisse en prendre aussi. Je lui demande alors si elle passe souvent tu temps ici avec son grand frère et visiblement, ce n'était que temporaire avant qu'ils ne reprennent le chemin de l'école tous les deux. "Vous allez en quelle classe ton frère et toi ? " D'après son âge, je me doute que la petite entre en maternelle mais je me demande bien ce que peut faire Alekseï. Je ne lui ai pas parlé assez pour imaginer quoi que ce soit alors mon côté curieuse aimerait savoir. Judie m'annonce alors qu'elle aimerait que sa baby-sitter soit "aussi gentille" que moi. Je ne peux pas m'empêcher de sourire face à se si gentil compliment. "Je suis sur que tes parents trouveront quelqu'un de très bien." Si j'avais eu une situation normale, je me serais volontiers proposée pour venir garder Judie : elle n'a vraiment pas l'air difficile à gérer et puis j'aurais pu me faire un peu d'argent. Mais je ne suis pas sur que des parents apprécient de confier leur petite fille à quelqu'un qui n'a pas toujours de toit pour dormir. Et quand Judie me demande si je vais revenir, je sais que je ne devrais pas lui mentir mais je ne me vois pas lui annoncer que je n'ai que trop rarement d'argent pour pouvoir me payer le resto comme ce soir. Alors à la place, je tend mon petit doigt vers elle. "Promesse avec le petit doigt, je reviendrais." C'est un truc que je faisais quand j'étais plus petite avec mes parents : si nous avions un accord à passer, nous devions serrer nos petits doigts comme pour sceller un pacte. "Mon travail ne me prend pas beaucoup de temps, je chante juste parfois alors je ne suis pas très occupée." C'est une petite fille de 4 ans, elle aura probablement oublié mon existence dans 3 jours tout au plus, je ne risque pas de lui briser le coeur. Après cela, l'assiette vidée, je décide qu'il est temps pour moi d'arrêter d'embêter Alekseï et sa petite soeur. Quand on a notre âge, on a sûrement un tas de truc de prévu les soirées de week-end, je l'ai déjà assez accaparé comme ça. "J'arrive Judie, je vais dire au revoir à ton grand frère." Je prend mon assiette ainsi que les couverts et je me dirige vers la cuisine où se trouve toujours Alekseï. J'entre doucement et je viens poser mes affaires près du lave-vaisselle : c'est la moindre des choses que je puisse faire. Un petit sourire timide aux lèvres, je dis : "Merci encore pour ce soir. C'était très bon. Et désolée pour le dérangement. Ta petite soeur est vraiment très gentille. Au revoir." Je ne sais pas trop quoi lui dire d'autre : je ne sais pas pourquoi mais je suis comme intimidée quand il est devant moi. Après un petit sourire, je tourne la tête pour retourner dans la grande salle et j'arrive à la hauteur de Judie. Je m'accroupie pour être à sa taille : "Au revoir Judie et merci pour la table." C'est bête mais je suis presque triste de devoir quitter le restaurant. Ce n'était rien d'extraordinaire mais ça entre directement dans mon top trois des meilleurs moments passé à Seattle. Je me lève ensuite pour attraper mon sac qui se trouve à côté de la chaise que j'occupais.

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14.09.16 0:53

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Nastya & Alekseï



Je sais que rien ne devrait m'étonner venant de la part de ma petite sœur, car après tout, je suis habituée à elle depuis le temps et pourtant, cela me fait doucement rire de l'entendre parler d'amour avec une inconnue alors qu'elle est à peine âgée de bientôt quatre ans. C'est mignon même, j'aurais aimé garder cette vision-là en grandissant mais c'est totalement foiré. Pour aimer quelqu'un, il faut d'abord s'aimer un minimum soit-même, se connaître totalement, du moins c'est ce que je pense... Et  je ne mens plus à moi-même depuis ma première cure de désintoxication, je suis un raté qui ne sait pas assembler les deux bouts sans se casser lamentablement la gueule à un moment ou un autre. C'est pour cette raison que je suis aussi proche de ma petite sœur ; parce que je refuse qu'elle suive le même chemin que moi. Elle mérite beaucoup mieux et elle deviendra une bonne personne, je n'ai aucun doute là-dessus. « J'espère que tu trouveras ton autre amoureux alors ! » s'exclame ma petite sœur, toujours avec ce grand sourire sur son visage enfantin. « Merci du conseil, je vais essayer de pas le faire... » chuchote Judie et je hausse un sourcil en remarquant que les deux se parlent à voix basses à présent, ce qui fait que je n'entends pas ce qu'elles disent. Bon, il faudrait peut-être que je me concentre sur mon rangement moi au lieu de me mêler ce qui ne me regarde pas. Moi, surprotecteur avec ma petite sœur au point de vouloir tout savoir sur ce qu'elle dit et ce qu'elle fait ? Non, à peine. Mais même du haut de ses quatre ans, elle n'hésite pas à m'envoyer balader (bon, comme une enfant le ferait) lorsque je lui pose beaucoup trop de questions à ses yeux et son comportement envers moi me fait tout le temps sourire. Quand Alzire demande à Judie dans quelle classe nous allons tous les deux, ma petite soeur répond toujours avec le même ton enthousiasme comme depuis le début de sa discussion avec elle : « Je passe en deuxième classe de maternelle avec Emily, ma meilleure amie de l'école ! Et Aleks fait un truc de chirurgien avec les grands mais il est en retard. ». Voilà pourquoi ma sœur devrait apprendre à se taire de temps en temps. Alors non, je ne compte pas devenir chirurgien et je ne fais pas médecine dans ce but-là et oui, j'ai pris énormément de retard dans ma scolarité à cause du centre dans lequel j'étais pour me ''soigner'' mais ce détail-là, elle aurait pu l'éviter. Après, je me dis qu'Alzire ne va peut-être pas comprendre comme elle ne parle pas très bien l'anglais et puis de toute façon, ce n'est pas comme si elle allait me demander directement ce que voulait dire Judie par-là. Quand Judie demande à Alzire si elle compte repasser, j'espère sincèrement que cette dernière va lui dire la vérité pour ne pas lui faire de faux espoirs sinon c'est moi qui vais devoir lui expliquer avec mon tact légendaire qu'il va falloir qu'elle arrête de croire que les grandes personnes pensent comme les enfants de son âge. Mais au lieu de cela, j'observe du coin de l'oeil Judie avancer son petit doigt vers celui d'Alzire pour les croiser ensembles avec étonnement. Peut-être qu'elle fait cela pour ne pas froisser Judie, peut-être qu'elle est sincère... Je n'en sais rien, je ne peux pas le deviner et avec la rentrée qui approche, ce ne sera sûrement pas moi qu'elle croisera si elle compte revenir de toute façon. Bon vue l'accueil que je lui ai fait, cela l'arrangera sûrement... « Tu chantes ? J'aimerai bien t'entendre un jour ! » répond Judie lorsqu'elle apprend qu'Alzire est chanteuse. Et alors que je suis en train de remettre la casserole à son amplacement initial, je vois Alzire qui débarque dans la cuisine. En temps normal, elle n'aurait pas le droit de faire cela ; c'est à moi de débarasser la table normalement mais cela reste sympathique de sa part. « Merci, tu n'étais pas obligée. » dis-je dés qu'elle pose les couverts proches du lave-vaisselle puis elle me remercie, me prévenant qu'elle s'en va. « Elle adore rencontrer de ''grandes personnes'' comme elle dit... Merci pour elle en tout cas. Au revoir. » dis-je avec un sourire au coin des lèvres. Mon premier sourire envers elle de la soirée mais bon, disons que je n'ai rien contre elle car même si elle a débarqué au moment de la fermeture, elle a été adorable avec Judie et elle n'a pas du tout été une de ces clientes chiantes que je ne peux pas me saquer. Quand Alzire quitte la cuisine et se baisse à la hauteur de ma petite sœur, je peux voir que celle-ci n'a pas vraiment envie de la laisser partir et j'espère juste qu'elle ne va pas faire comme avec moi lorsqu'elle ne veut pas que je parte : s'attacher à ma jambe et dans le pire des cas, me cacher mes clés de voiture. Mais heureusement, elle décide pour uen fois de rester sobre dans ses gestes. Miracle. « A bientôt Alzire, la prochaine fois ce sera moi qui cuisinerais ! » lui lance Judie. Puis quand Alzire quitte le restaurant, elle lui fait au revoir d'un signe de la main à travers la vitre jusqu'à... sûrement ne plus la voir du tout. C'est quelques secondes plus tard qu'elle me rejoint dans la cuisine pour... s'accrocher à ma jambe. « Judie, j'suis censé tout ranger pour demain. » lui dis-je en baissant mon regard sur elle. « Alzire va revenir, hein ? » me demande-t-elle alors et je laisse un silence planer quelques secondes avant de hausser les épaules. « Si elle revient pas, c'est parce que t'as été méchant avec elle ! » continue-t-elle sans me lâcher et je ne peux m'empêcher de lever les yeux au ciel à sa remarque avant de répondre à mon tour : « Je sais Judie, je suis une horrible personne. ». Non mais ''méchant''... Il ne faut pas exagérer non plus ! Elle me tire alors la langue puis s’éloigne afin de me laisser finir le travail. Quelle drôle de  fin de soirée...



- FIN -
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Hello from the other side. [Terminé]


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